« Des souvenirs désordonnés, et cette sensation au creux du ventre quand je les évoque.Un entrelacs de rires, de jambes, de fumée.l'hiver puis le printemps.mes mains crispées sur sa peau.sa voix qui me rend folle.l'obscurité radieuse qui règne dans la chambre quand je dors dans ses bras.la fièvre qui nous anime, nos discussions exaltées et nos inlassables étreintes.Le désir qui renaît aussitôt satisfait.l'oubli total de ce monde insignifiant.juste lui.juste moi.nos membres confondus.nos rires accordés...Et on se roule par terre dans la cascade de plumes virginales d'une oreiller crevé par nos excès.et noyer mon regard dans ses yeux limpides...et offrir mon cou à ses lèvres avides.ne plus rien désirer.ne plus rien redouter.l'imperfectible satiété du corps à corps.du c½ur à c½ur.bercé par la musique extatique de mots d'amours qui me sont destinés.Délicieuse lassitude qui freine quelques instants l'enthousiasme de la passion...nos deux êtres gisent côte à côte...en silence...et exultent uniquement d'être ensemble...lui jouant négligemment avec mes longs cheveux épars sur l'oreiller...moi promenant mes doigts le long de la courbe de ses reins...et la force tranquille de son corps étendu dont le seul contact me brûle le peau et l'âme...non, je n'ai peur de rien quand je suis dans ses bras...de rien...je fais de mon souffle l'écho des battements de son c½ur, de mon corps le reflet de son corps, et de sa jambe qui m'entoure une chaîne indéfectible.»